Un livre sous le bras
De Radio France
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Description du podcast
Le coup de coeur d'Arnaud
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« En l’absence de classement final » de Tristan Garcia | durée : 00:04:06 - C’est désormais un cliché de dire que la nouvelle est un genre mal aimé en France, mais tous les clichés ne sont pas faux, hélas. Je me souviens d’une éditrice qui me disait : «Vous écrivez des nouvelles ? Eh bien, gardez-les pour après votre mort». Ca en disait long sur ce que l’édition française pense de la nouvelle d’un point de vue économique, et vous avouerez que cela donnait sur le coup plus envie de mourir que d’écrire. Voilà pourquoi je suis heureux comme un papillon de vous parler aujourd’hui d’un excellent recueil de nouvelles issues de la plume d’un jeune écrivain, Tristan Garcia. Il me semble bien avoir résolu la quadrature du cercle en écrivant d’une part un recueil de nouvelles thématiquement unifié — toutes ces nouvelles parlent donc de sport — et d’autre part en le publiant à un moment propice d’un point de vue de pur marketing : c’est-à-dire à l’approche des jeux olympiques. Le titre du recueil « En l’absence de classement final », peut paraître étrange. Personnellement, il m’a rappelé un roman français de Mathieu Lindon, qui s’intitulait « Merci », et qui racontait l’histoire d’un champion de tennis qui décidait de devenir écrivain. Mais un de ses amis le prévenait d’avance, en lui rappelant qu’en littérature, contrairement au tennis, il n’y a pas de classement ATP. Difficile en effet de savoir en littérature qui est le champion, ce qui différencie radicalement l’art du sport. C’est peut-être une première explication de ce titre, « En l’absence de classement final ». L’autre explication, c’est que toutes les nouvelles d’un recueil entrent en compétition entre elles — ici, il y en trente de longueur très variables —, elles sont évidemment de qualité inégale même si elles sont toutes de très bonne qualité, et on a naturellement nos préférées ; le plaisir de lire un recueil de nouvelles étant justement, pour le lecteur, d’opérer un classement entre elles — un classement auquel l’auteur, lui, naturellement se refuse. Tristan Garcia a écrit ces nouvelles en s’imposant trois sortes de contraintes : 1°) parler dans chaque nouvelle d’un sport différent. 2°) situer l’action de chaque nouvelle dans un pays différent. 3°) écrire chaque nouvelle sur un ton, un registre émotionnel différent. Si bien qu’à la fin, vous lecteur, vous avez effectué un triple tour du monde : un tour du monde des pratiques sportives qui vous fait passer de la pelote basque au handball, de la boxe au ping-pong, du cyclisme au football, etc. ; un tour du monde géographique qui vous fait passer de Cuba à l’Afrique du Sud, et de la Belgique à la Chine, etc ; et si je puis dire un tour du monde des émotions, qui vous fait passer du rire aux larmes ; et là aussi, j’ai assez envie de dire etc, tant le spectre des émotions est grand. Vous savez, dans la vie, je suis un peu comme Churchill : « No sport ». Le seul sport que j’aime vraiment, c’est la Formule 1, alors je pourrais vous parler de la nouvelle sur la F1, où un pilote pète une durite au sens figuré. Mais ma préférée, c’est sans doute la nouvelle sur le handball, qui s’intitule « La libéro de Cuba », qui raconte l’histoire tragique d’une jeune joueuse de hand cubaine, qui par ailleurs est lesbienne. Je ne raconte que ça, car le reste j’espère bien que nos auditeurs le liront. | 25/5/12 | Gratuit | Afficher sur iTunes |
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« En l’absence de classement final » de Tristan Garcia | durée : 00:04:01 - C’est désormais un cliché de dire que la nouvelle est un genre mal aimé en France, mais tous les clichés ne sont pas faux, hélas. Je me souviens d’une éditrice qui me disait : «Vous écrivez des nouvelles ? Eh bien, gardez-les pour après votre mort». Ca en disait long sur ce que l’édition française pense de la nouvelle d’un point de vue économique, et vous avouerez que cela donnait sur le coup plus envie de mourir que d’écrire. Voilà pourquoi je suis heureux comme un papillon de vous parler aujourd’hui d’un excellent recueil de nouvelles issues de la plume d’un jeune écrivain, Tristan Garcia. Il me semble bien avoir résolu la quadrature du cercle en écrivant d’une part un recueil de nouvelles thématiquement unifié — toutes ces nouvelles parlent donc de sport — et d’autre part en le publiant à un moment propice d’un point de vue de pur marketing : c’est-à-dire à l’approche des jeux olympiques. Le titre du recueil « En l’absence de classement final », peut paraître étrange. Personnellement, il m’a rappelé un roman français de Mathieu Lindon, qui s’intitulait « Merci », et qui racontait l’histoire d’un champion de tennis qui décidait de devenir écrivain. Mais un de ses amis le prévenait d’avance, en lui rappelant qu’en littérature, contrairement au tennis, il n’y a pas de classement ATP. Difficile en effet de savoir en littérature qui est le champion, ce qui différencie radicalement l’art du sport. C’est peut-être une première explication de ce titre, « En l’absence de classement final ». L’autre explication, c’est que toutes les nouvelles d’un recueil entrent en compétition entre elles — ici, il y en trente de longueur très variables —, elles sont évidemment de qualité inégale même si elles sont toutes de très bonne qualité, et on a naturellement nos préférées ; le plaisir de lire un recueil de nouvelles étant justement, pour le lecteur, d’opérer un classement entre elles — un classement auquel l’auteur, lui, naturellement se refuse. Tristan Garcia a écrit ces nouvelles en s’imposant trois sortes de contraintes : 1°) parler dans chaque nouvelle d’un sport différent. 2°) situer l’action de chaque nouvelle dans un pays différent. 3°) écrire chaque nouvelle sur un ton, un registre émotionnel différent. Si bien qu’à la fin, vous lecteur, vous avez effectué un triple tour du monde : un tour du monde des pratiques sportives qui vous fait passer de la pelote basque au handball, de la boxe au ping-pong, du cyclisme au football, etc. ; un tour du monde géographique qui vous fait passer de Cuba à l’Afrique du Sud, et de la Belgique à la Chine, etc ; et si je puis dire un tour du monde des émotions, qui vous fait passer du rire aux larmes ; et là aussi, j’ai assez envie de dire etc, tant le spectre des émotions est grand. Vous savez, dans la vie, je suis un peu comme Churchill : « No sport ». Le seul sport que j’aime vraiment, c’est la Formule 1, alors je pourrais vous parler de la nouvelle sur la F1, où un pilote pète une durite au sens figuré. Mais ma préférée, c’est sans doute la nouvelle sur le handball, qui s’intitule « La libéro de Cuba », qui raconte l’histoire tragique d’une jeune joueuse de hand cubaine, qui par ailleurs est lesbienne. Je ne raconte que ça, car le reste j’espère bien que nos auditeurs le liront. | 11/5/12 | Gratuit | Afficher sur iTunes |
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"La Belle échappée" de Nicholson Baker. | durée : 00:04:18 - La Belle Echappée Je vais vous parler en tout bien tout honneur d’un roman pornographique. Nicholson Baker est un écrivain américain que j’adore, aux idées toujours originales. Dans les années 90, il avait déjà écrit un roman érotique, Vox, sur le phénomène des téléphones roses, ces réseaux où l’on pouvait se retrouver anonymement en liaison téléphonique avec un ou une partenaire pour avoir une conversation crue. Depuis, Internet a fait irruption dans nos vies, et nous pouvons accéder à toute sorte de pornographie en quelques clics. Comment un récit pornographique peut-il alors encore rivaliser avec l’image ? C’est ce défi qu’a cherché à relever Nicholson Baker dont le titre original n’est pas « La Belle échappée » mais « La Maison des trous ». Pourquoi la « Maison des trous » ? C’est parce que c’est par un trou, un trou dans le réel qu’on accède à un espace parallèle, « La Belle échappée » qui se présente comme un parc à thème sexuel, où l’on peut réaliser tous ses fantasmes bon enfant, si je puis dire. Ce trou, ce peut être la paille du cocktail que vous êtes en train de siroter, le tambour d’une machine à laver, le trou d’un terrain de golf, et hop, vous voilà aspiré dans un autre monde. Evidemment, tout ressemblance avec Alice qui accède au pays des merveilles par un terrier est volontaire. Et de fait, « La Belle échappée » c’est le pays de la sexualité merveilleuse, joyeuse, pas crade, jamais lourdingue. De « La Belle Echappée » décollent même des « pornavions » qui sont chargés d’aspirer le mauvais porno déprimant qui s’accumule sur notre pauvre monde réel. « La Belle échappée », c’est le pays du beau sexuel, de la b***e joyeuse. Et figurez-vous que c’est gratuit pour les femmes, et très cher pour les hommes. Comme d’habitude... L’endroit est dirigé d’une main de velours dans un gant de fer par Lila, et quand la patronne dit non, c’est non. Et si vous désobéissez, on vous les coupe, mais comme on est sympa, on vous les rend après. Et puisque nous sommes dans un parc d’attractions, il y a… des attractions. Les « Masturbateaux » par exemple, la « Planchatte » où les femmes font surfer la moitié inférieure de leur corps sur un lac particulier, la Flopée de Tétons, l’Arbre à chibres, vous pouvez aussi vous faire enlever vos tatouages par un tatoueur qui les prend sur lui, etc. Et dans « La Salle de Velours », Borodine et Rimski-Korsakov peuvent interpréter une de leurs compositions en frottant leur sexe sur vos jambes… Bref, tout ça est très amusant, très excitant et encore une fois, très bon enfant. Et pour finir, voici ce que déclarait Nicholson Baker dans une interview : « Le plus grand avantage du sexe écrit, si on le compare aux vidéos pornos, c’est que l’humour reste possible. La nudité dans un porno est tellement oppressante pour l’arrière du cerveau que tu arrêtes de rire. Des seins nus sont rarement drôles. » | 27/4/12 | Gratuit | Afficher sur iTunes |
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« Tony 42, un procès oublié sous l’Occupation » d'Emmanuel Lemieux | durée : 00:04:04 - Tony 1942 © Radio France - 2012 « Tony, 1942 » le livre d’Emmanuel Lemieux traite d’une page arrachée au grand livre de la Résistance française contre l’occupant allemand, l’une de ses toutes premières. Ils sont huit jeune gens de la région parisienne, tous la vingtaine d’années, tous communistes, dont Tony Bloncourt, originaire de Haïti. On les a appelés « les bébés terroristes ». Leur premier coup d’éclat est l’organisation d’une manifestation contre l’occupant le 11 novembre 1940. Imaginez le courage. Ils vont déposer des gerbes de fleurs au pied de la statue de Clémenceau, sur le Rond-Point des Champs-Elysées, puis remonter l’avenue en criant : « Vive la France », « A bas Pétain » ou encore « Salauds ». Certains étudiants, raconte Emmanuel Lemieux, trimballent deux cannes à pêche. Pourquoi ? Parce que : deux gaules. Juin 1941 c’est la fin du pacte germano-soviétique, et les Jeunesses communistes décident alors de passer à la lutte armée. Ordre leur est donné d’assassiner des officiers allemands. Ce qui sera fait par Frédo, alias Pierre Georges, alias Colonel Fabien le 21 août à la station de métro Barbès. Ils recommencent. Le 20 octobre, à Nantes, ils abattent un officier allemand. Les représailles de l’occupant seront terribles. Le 22, à Chateaubriand, ils exécutent 27 otages, dont Guy Môquet. Si Emmanuel Lemieux a sous-titré son livre « Un procès oublié sous l’Occupation », c’est qu’il a fallu attendre l’an 2000 pour faire avoir toute la lumière sur cette page de notre histoire. A l’époque, c’est Laurent Fabius qui est président de l’Assemblée Nationale, et il reçoit une lettre lui racontant qu’un procès avait eu lieu sous l’Occupation au Palais-Bourbon. Il demande à un historien d’enquêter, et c’est alors qu’on découvre qu’effectivement, les Allemands avaient décidé de juger ces bébés terroristes, ces primo résistants, ces Bataillons de la jeunesse, dans le cadre hautement symbolique de l’Assemblée Nationale. Ce que tout le monde avait complètement oublié. Plusieurs raisons à cela. Pour commencer, les Allemands après avoir voulu faire la publicité de ce procès, y ont renoncé. Ils préféraient passer ces jeunes résistants pour des cas isolés. De son côté, le Parti communiste n’a valorisé non plus leur action, car il redoutait la colère de l’opinion après l’attentat du métro Barbès. Le pacte germano-soviétique est encore dans tous les esprits. Après-guerre, s’il a un peu héroïsé le Colonel Fabien, et encore pas toute sa biographie, le PCF a préféré devenir le Parti de Guy Môquet, le Parti aux 75000 fusillés, plutôt que celui de ces jeunes terroristes. Le Haïtien Tony Bloncourt et ses six autres camarades sont tombés dans l’oubli. C’est en 2000 qu’est posé à l’hôtel de Lassay une plaque à leur mémoire. Et c’est en 2012, soixante ans après qu’ils eurent été fusillés au Mont Valérien, qu’un livre raconte leur histoire. | 13/4/12 | Gratuit | Afficher sur iTunes |
| Total : 4 épisodes |






